Un appartement vide, un collier au sol, un chien qui attend derrière une porte qui ne s’ouvrira plus. Cette scène, à Dubaï, n’est pas un film triste. C’est ce qui arrive vraiment quand des influenceurs quittent le pays en laissant leurs animaux derrière eux, parce que c’est, selon eux, « trop de paperasse ». Cela vous choque un peu, peut-être beaucoup ? Vous n’êtes pas seul.
Que se passe-t-il vraiment à Dubaï ?
Dubaï attire des milliers d’influenceurs. Vie de luxe, hôtels incroyables, voitures de sport, contenu facile à poster. Pendant quelques années, c’est le rêve. Ils adoptent alors des chiens, des chats, parfois des animaux plus exotiques. Cela donne des photos mignonnes, des stories attendrissantes, une image plus « humaine ».
Mais depuis quelque temps, plusieurs témoignages remontent. Des influenceurs quittent Dubaï. Et certains partent en laissant leurs animaux de compagnie sur place. Ils disent que les démarches pour voyager avec eux sont trop longues, trop chères, trop compliquées. Résultat, des refuges saturent. Et des animaux, qui vivaient dans le marbre et le confort, se retrouvent soudain seuls, stressés, parfois à la rue.
Pourquoi parlent-ils de « trop de paperasse » ?
Voyager avec un animal n’est jamais aussi simple que prendre une valise. Il faut des documents vétérinaires, des vaccins à jour, parfois une puce électronique. Certains pays exigent des tests sanguins, des certificats de bonne santé, des documents d’exportation et d’importation. On parle de formulaires, de délais, de frais.
À Dubaï, comme ailleurs, cela prend du temps. Il faut s’organiser plusieurs semaines à l’avance. Pour quelqu’un qui vit d’images rapides, de décisions impulsives, cela peut sembler lourd. Alors on entend des phrases comme : « trop compliqué », « trop cher », « je n’ai pas le temps ». La paperasse devient une excuse. Mais derrière ce mot, il y a une réalité bien plus dure pour l’animal qui, lui, ne choisit rien.
Un animal, ce n’est pas un accessoire
Sur les réseaux, tout va vite. Un chiot mignon fait exploser l’engagement. Un chat aux yeux bleus attire les likes. Pourtant, un animal ne disparaît pas quand la tendance change. Ce n’est pas une paire de baskets qu’on peut ranger dans un placard. C’est un être vivant, avec des besoins, des émotions, des habitudes, des peurs.
Adopter un animal, c’est s’engager pour 10 à 15 ans, parfois plus. Cela veut dire prévoir les voyages, les déménagements, les séparations, les changements de vie. Quand on dit « oui » à un chiot, on dit aussi « oui » aux contraintes. L’abandonner parce que les papiers sont compliqués revient à dire que son confort personnel compte plus que la vie d’un être dont on a la responsabilité.
Les conséquences très concrètes pour les animaux
Dans les refuges de Dubaï, des bénévoles racontent des histoires répétitives. Des chiens de race abandonnés dans des appartements loués. Des chats laissés sur des balcons. Des voisins qui alertent. La police ou des associations qui récupèrent les animaux parfois affamés, parfois malades. Derrière chaque nom d’influenceur, il y a un animal qui ne comprend pas ce qui lui arrive.
Pour l’animal, le choc est violent. Il perd ses repères, son odeur familière, ses humains. Il se retrouve dans un endroit bruyant, avec d’autres animaux stressés. Certains s’adaptent. D’autres développent des troubles du comportement : agressivité, anxiété, refus de s’alimenter. Et tout ça pour quoi ? Pour éviter quelques formulaires, quelques rendez-vous chez le vétérinaire, quelques frais supplémentaires.
Un problème qui va bien au-delà de Dubaï
Il serait trop simple de pointer seulement du doigt Dubaï. Ce phénomène existe partout. Des animaux adoptés pendant le confinement ont été abandonnés quand la vie a repris. Des étudiants laissent leurs chats quand ils changent de ville. Des couples se séparent et « oublient » le chien. L’excuse change, mais le fond reste le même : l’animal passe après.
La différence, ici, c’est la visibilité. Quand une personne lambda abandonne un animal, presque personne ne le sait. Quand un influenceur le fait, cela circule, choque, fait réagir. Et c’est là que cela devient aussi un sujet de responsabilité sociale. Car ces personnes influencent des millions de gens. Leur façon de traiter un animal envoie un message puissant, positif ou négatif.
Quel message ces influenceurs envoient à leurs abonnés ?
Un influenceur qui montre sa vie avec un chien ou un chat donne envie d’avoir, vous aussi, un compagnon. Cela peut être beau, inspirant, réconfortant. Mais si la même personne abandonne ensuite son animal parce que c’est « trop compliqué », quel exemple donne-t-elle ? Elle montre, même sans le dire clairement, qu’un animal est remplaçable. Qu’on peut s’attacher, puis jeter.
Cela banalise l’abandon. Cela fait croire qu’il existe toujours une solution facile, qu’un refuge prendra le relais, que « quelqu’un d’autre » s’en occupera. Pourtant, les refuges n’ont pas de place infinie. Ils manquent de moyens, de bénévoles, de temps. Chaque abandon pèse sur un système déjà fragile.
Et vous, que pouvez-vous faire concrètement ?
Face à ces histoires, on peut se sentir impuissant. Pourtant, chacun peut agir à son niveau. Avant tout, en réfléchissant vraiment avant d’adopter. Avez-vous les moyens, le temps, la stabilité pour garder un animal pendant plusieurs années ? Pouvez-vous le prendre avec vous en cas de déménagement à l’étranger, de changement de travail, de séparation ? Ce sont des questions un peu inconfortables, mais nécessaires.
Ensuite, en soutenant les refuges et associations. Même à distance, vous pouvez :
- faire un petit don quand vous le pouvez
- partager les annonces d’animaux à adopter
- sponsoriser la nourriture ou les soins d’un animal
- parler autour de vous de la responsabilité animale
Enfin, en choisissant mieux qui vous suivez. Un influenceur qui respecte les animaux, qui les garde malgré les difficultés, qui explique les démarches, mérite plus d’attention que celui qui les abandonne pour simplifier sa vie.
Voyager avec son animal : oui, c’est possible
La « paperasse » n’est pas un mur infranchissable. C’est une étape. Avec un peu d’organisation, on peut emmener son animal presque partout. Voici les grandes lignes, qui peuvent varier selon les pays :
- prendre rendez-vous chez le vétérinaire au moins 1 à 2 mois avant le départ
- vérifier les vaccins obligatoires (notamment contre la rage)
- faire pucer ou identifier l’animal si ce n’est pas déjà fait
- demander un certificat de bonne santé récent
- se renseigner auprès de la compagnie aérienne sur les conditions de transport
- préparer une cage ou un sac adapté à son poids et à sa taille
Oui, cela prend du temps. Oui, cela coûte un peu d’argent. Mais c’est le prix normal d’un engagement pris le jour où l’on a ouvert la porte de chez soi à cet animal.
Le vrai luxe, c’est la fidélité
Dubaï montre souvent une image de réussite : gratte-ciel, soirées, shopping, piscines à débordement. Pourtant, face à un chien abandonné dans un refuge, tout ce décor perd de sa brillance. Le vrai luxe, ce n’est pas d’échapper à la « paperasse ». C’est de rester fidèle à ses choix, même quand cela demande des efforts.
Vous n’êtes peut-être pas influenceur, vous ne vivez peut-être pas à Dubaï. Mais si vous avez un animal, vous connaissez ce regard qui vous suit partout, cette joie quand vous rentrez, cette présence silencieuse les jours difficiles. Abandonner cela pour quelques formulaires de plus, est-ce vraiment raisonnable ? La question dérange, et pourtant elle mérite d’être posée.
Vers une autre façon de voir les animaux
Cette affaire d’influenceurs qui quittent Dubaï en laissant leurs bêtes derrière eux choque. Mais elle peut aussi servir de déclic. Elle nous oblige à revoir notre rapport aux animaux. Non plus comme des décorations de vie idéale, mais comme des compagnons, au sens plein du mot.
Au final, un pays, une ville, une communauté se jugent aussi à la façon dont ils traitent les plus vulnérables. Les animaux en font partie. Et peut-être qu’un jour, la vraie tendance sur les réseaux ne sera plus de montrer le plus beau chien. Mais de montrer comment on l’accompagne, du premier jour au dernier, malgré les changements, malgré les papiers, malgré tout.










